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En vedettes

  • On entend souvent parler du « jeûne intermittent » de nos jours, comme s’il s’agissait de quelque chose de nouveau et d’inédit. En fait, tout le monde le fait chaque jour.

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Tout savoir sur le jeûne

Le concept de jeûne intermittent est à la mode, mais s’agit-il d’une pratique judicieuse? Sage60 s’entretient avec le créateur du jeûne intermittent.

On entend souvent parler du « jeûne intermittent » de nos jours, comme s’il s’agissait de quelque chose de nouveau et d’inédit. En fait, tout le monde le fait chaque jour.

« Le jeûne est utilisé depuis des millénaires », rappelle Jason Fung, néphrologue (médecin spécialiste des reins) établi à Toronto, qui recommande le jeûne intermittent dans ses deux livres Code obésité et Code diabète, ainsi que sur son site Web, thefastingmethod.com. « C’est dans la Bible. Depuis l’Antiquité, le jeûne est considéré comme une pratique saine : les Romains jeûnaient, les Grecs jeûnaient aussi, et toutes les religions le prescrivent. »

Les médecins conseillent fréquemment à leurs patients de jeûner, ajoute M. Fung, « lorsqu’ils doivent subir une intervention chirurgicale, une échographie, une colonoscopie ou des analyses de sang. »

« Le jeûne n’a rien de cruel ni d’anormal », précise M. Fung. Il conseille aux patients de jeûner pour perdre du poids, maintenir un poids santé et inverser naturellement les effets du diabète de type 2.

« Vous êtes censé jeûner tous les jours », affirme-t-il. « D’où le mot “déjeuner”, le repas qui vient rompre le jeûne. Parfois, vous mangez et vous stockez des calories et d’autres fois, vous ne mangez pas et vous utilisez ces calories. Si vous mangez en tout temps sans jamais jeûner, c’est à sens unique. L’énergie, les calories, entrera, mais ne sortira jamais, parce que vous ne laissez jamais votre corps la dépenser (l’énergie). »

Au cours des dernières décennies, les taux d’obésité ont augmenté, de même que ceux du diabète de type 2, de maladies cardiaques et d’autres problèmes de santé souvent liés à l’obésité. M. Fung constate que ces changements s’accompagnent d’une lente transformation des habitudes alimentaires et de vie.

Avant les années 70, explique-t-il, « les gens finissaient de manger à 18 h 30 » et ne mangeaient généralement rien pendant 14 heures, jusqu’à ce qu’ils rompent leur jeûne au matin. Les mères disaient à leurs enfants de ne pas prendre de collation après l’école, car cela leur « couperait l’appétit ». Les enfants désobéissants étaient parfois envoyés au lit sans avoir soupé. C’était de cette façon que l’on jeûnait, raconte-t-il. « Tout le monde le faisait sans même y penser. »

Depuis quelques dizaines d’années, l’industrie des collations a investi des sommes astronomiques dans des campagnes de marketing « pour nous convaincre que nous devions manger en tout temps », poursuit M. Fung. « Une collation était essentiellement un plaisir, et non pas une bonne chose. On a en quelque sorte perdu de vue ce qui était bon et mauvais pour la santé. »

L’approche de jeûne intermittent de M. Fung est simple, et il ne s’agit pas d’un régime alimentaire temporaire.

« Le jeûne n’est pas vraiment un régime, il fait simplement partie du cycle naturel de l’alimentation et du jeûne », explique-t-il. « Il consiste essentiellement à inverser les sources d’énergie de son corps. Votre corps va-t-il puiser son énergie dans les aliments ou dans ses propres réserves? Tout le monde croit que le jeûne est un régime, parce que son résultat est le même, c’est-à-dire la perte de poids, mais son objectif est tout à fait différent. »

« Il y a beaucoup de fausses informations à ce sujet, mais, comme je l’ai dit, c’est une pratique qui existe depuis des milliers d’années. »

En tant que médecin, M. Fung conseille à ses lecteurs de manger sainement et leur donne des conseils dans ses livres et sur son site Web, en insistant toutefois non pas sur les aliments que l’on mange, mais sur le moment où on les mange.

Le jeûne peut se faire pendant la nuit; la méthode la plus populaire est de ne manger qu’entre 11 h et 18 h ou 19 h, par exemple. (Une enquête informelle menée auprès de personnes qui jeûnent régulièrement n’a pas révélé de faim excessive ni d’autre problème.)

Le jeûne est généralement sans danger pour les personnes âgées, bien que M. Fung conseille aux personnes âgées qui prennent des médicaments de consulter leur médecin avant de se mettre à jeûner.


«  Le jeûne n’est pas vraiment un régime, il fait simplement partie du cycle naturel de l’alimentation et du jeûne ... Il consiste essentiellement à inverser les sources d’énergie de son corps. »

Jason Fung 

Il recommande aussi aux personnes âgées de commencer lentement, au cas où elles auraient d’autres problèmes de santé. Il suggère d’éliminer les collations et de passer progressivement à des jeûnes de 16 ou 18 heures avant de jeûner plus longtemps. « Vous aurez peut-être faim, mais ce n’est pas particulièrement dangereux. »

Selon M. Fung, le jeûne permet de réguler les niveaux d’insuline, une sorte de « détecteur de nutriments » dans le corps. Lorsque le taux d’insuline baisse, le corps sent qu’aucun aliment n’est ingéré et, au lieu d’emmagasiner de l’énergie sous forme de graisse et de sucre dans le sang, il puise de l’énergie dans ces réserves.

« Voilà, en gros, ce qui se produit dans votre corps », souligne-t-il.

« Ce n’est pas plus différent que de dormir et de se réveiller ». Personne n’a envie de dormir en tout temps ni d’être éveillé en permanence. Il y a un certain équilibre. Il en va de même pour l’alimentation et le jeûne : vous devez parfois vous nourrir et d’autres fois jeûner. Chaque fois que vous ne mangez pas, vous jeûnez. Il s’agit simplement d’un équilibre naturel. Il n’y a pas de formule magique, cela fait simplement partie du cycle naturel. »

Il en voit la nécessité et en constate les résultats dans sa pratique de néphrologue.

« Dans la plupart des cas, il fallait que les gens perdent du poids, car je vois beaucoup de diabétiques et le diabète est en fait une maladie réversible. Si vous l’inversez, elle n’engendre pas de maladie rénale. C’est pourquoi je souhaitais vivement faire la promotion du jeûne. »

À PROPOS DE L’AUTEUR·E

Peter Simpson est un rédacteur-réviseur établi à Ottawa.