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Diabète et maladies cardiaques : un lien étroit

Des études ont révélé que les personnes atteintes de diabète présentent un risque évident de maladie cardiaque. De nombreux traitements permettent toutefois de réduire ce risque.

Le diabète de type 1 et le diabète de type 2 sont déjà des maladies difficiles à gérer, sans compter le fardeau supplémentaire que représentent les autres maladies auxquelles elles prédisposent les personnes atteintes. Cependant, comme l’a constaté Sage60, même si les maladies cardiovasculaires en font partie, les personnes atteintes de diabète peuvent prendre des mesures pour en réduire le risque. 
 

Le lien entre les deux

« Le diabète et les maladies cardiaques sont des maladies chroniques étroitement liées qui touchent un grand nombre de Canadiens », explique Kirstin Clemens, professeure adjointe au département d’épidémiologie et de biostatistique de l’École de médecine et de dentisterie Schulich de l’Université Western Ontario, à London. « [Chez les hommes comme chez les femmes], le diabète entraîne une hyperglycémie, laquelle peut endommager les vaisseaux sanguins et favoriser l’accumulation de plaques dans les artères et le cœur, ce qui provoque les maladies cardiaques. [De plus,] l’hyperglycémie entraîne une inflammation, qui est néfaste pour l’organisme et pour les vaisseaux du cœur ».

Par ailleurs, le diabète rend le sang plus susceptible de former des caillots, et si ces caillots atteignent les petits vaisseaux qui entourent le cœur, ils peuvent causer des affections cardiaques. Aussi, lorsque les caillots se logent dans de petits vaisseaux autour du cerveau, ils peuvent provoquer un accident vasculaire cérébral (AVC). Selon des recherches plus récentes, le diabète peut également avoir des effets sur le cœur.

« Le diabète est souvent associé aux crises cardiaques et aux AVC, mais il peut aussi entraîner une insuffisance cardiaque », indique Mme Clemens. « Il peut avoir un effet direct sur les tissus cardiaques et les empêcher de pomper aussi efficacement qu’auparavant, ce qui [peut] mener à une insuffisance cardiaque congestive. »

« Il existe également un autre type de diabète qui rend les parois du cœur plus épaisses et plus rigides, ce qui réduit sa capacité à pomper efficacement », explique Mme Clemens, ajoutant que ces deux affections peuvent survenir chez les patients atteints de diabète de type 1 et de type 2.

Les personnes atteintes du diabète de type 2 peuvent développer une maladie cardiaque « en raison des problèmes de santé que le diabète engendre. Leur diabète est souvent associé à l’obésité, ainsi qu’à l’hypertension artérielle et aux problèmes de cholestérol, lesquels peuvent aussi être liés aux maladies cardiaques ».
 

Atténuer l’effet cumulatif

Mme Clemens, qui suit plusieurs conseils de santé, indique que la meilleure façon d’éviter les maladies cardiaques lorsqu’on est diabétique est d’adopter de saines habitudes de vie.

« Lorsque nous prenons en charge des patients, la prévention est toujours notre priorité, et le meilleur moyen de prévenir les maladies cardiaques est de maintenir un poids santé et de tenter de gérer l’obésité », explique-t-elle. « Ces mesures contribuent non seulement à mieux contrôler le diabète, mais aussi à réduire la tension artérielle et le taux de cholestérol, ce qui permet de diminuer le risque de progression du diabète et de maladies cardiaques. De nombreuses études se sont penchées sur le rôle des interventions liées au mode de vie. »

L’activité physique est également importante. Mme Clemens recommande aux personnes diabétiques de pratiquer au moins une activité physique modérée la plupart des jours de la semaine, et d’ajouter des entraînements musculaires réguliers.

« [L’exercice] peut aussi contribuer à abaisser la pression artérielle, le cholestérol et la glycémie », précise-t-elle. « L’alimentation et l’exercice peuvent à eux seuls réduire d’environ un tiers le risque de maladies cardiovasculaires comparativement aux personnes qui n’ont pas ces habitudes. Cela peut être extrêmement bénéfique. »

De nouveaux médicaments prometteurs deviennent également disponibles, principalement pour les personnes atteintes de diabète de type 2.

« Ils peuvent certainement aider à la gestion du poids, mais ils protègent également le cœur, et les personnes atteintes de diabète, contre les AVC. Nous les utilisons assez fréquemment et ils ont considérablement amélioré la santé des personnes qui vivent avec la maladie. »

Les médicaments de catégorie GLP-1, qui viennent d’être reconnus sans danger pour le système cardiovasculaire, selon Erin Mulvihill, directrice du Laboratoire de recherche sur le métabolisme des substrats énergétiques à l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa, sont un traitement que les personnes diabétiques peuvent suivre.

D’autres médicaments, appelés inhibiteurs de SGLT2, aident l’organisme à éliminer le sucre dans le sang par l’urine, plutôt que de le réabsorber, et contribuent ainsi à protéger contre l’insuffisance cardiaque et les maladies rénales.  

« Ces médicaments changent la donne pour les personnes atteintes de diabète de type 2 », souligne Mme Clemens.


Un risque plus élevé chez les femmes

Les maladies cardiaques sont la principale cause de décès chez les femmes, et celles atteintes de diabète de type 2 sont particulièrement à risque. Comparativement aux hommes, le diabète de type 2 entraîne chez les femmes un risque beaucoup plus élevé de crise cardiaque, d’insuffisance cardiaque et d’AVC. Selon elle, cela pourrait être lié aux hormones ou à des différences physiologiques, ou encore à des disparités dans le traitement des femmes.

« Les femmes n’utilisent peut-être pas certains de ces nouveaux médicaments, comme les inhibiteurs de SGLT2 et les médicaments contre le cholestérol, aussi souvent que les hommes, pour diverses raisons », explique Mme Clemens. « Nous cherchons à déterminer si [ces] différences entre les sexes sont observées partout au Canada. Ensuite, et surtout [nous travaillerons] avec les femmes pour comprendre comment nous pouvons égaliser ce risque ou éliminer cette disparité ».

Josep Iglesies-Grau, cardiologue à l’Institut de cardiologie de Montréal, estime que les femmes sont sous-représentées dans la recherche.

« Je pense qu’il est important de faire comprendre que, de manière générale, les femmes sont moins diagnostiquées, moins traitées, sous-représentées dans la recherche, et qu’il faut redoubler d’efforts pour remédier à ces problématiques, particulièrement chez les femmes âgées atteintes de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires. »

Selon lui, le diabète chez les femmes provoque l’athérosclérose (une accumulation de plaques dans les artères) qui progresse rapidement, diminuant l’espérance de vie et l’espérance de vie en bonne santé.

« Il ne s’agit donc pas seulement du nombre d’années que vous vivez, mais aussi de la qualité de ces années », souligne-t-il.

Selon Mme Mulvihill, la ménopause joue également un rôle aggravant chez les femmes atteintes de diabète pour plusieurs raisons, notamment le manque de sommeil.

« Faire de l’exercice est très important, mais il faut aussi avoir l’énergie nécessaire pour en faire. Par conséquent, améliorer la qualité du sommeil peut faciliter l’amélioration de certains de ces autres facteurs », explique-t-elle, qui ajoute qu’un médicament appelé Fezolinetant s’est révélé efficace pour aider les femmes ménopausées à trouver le sommeil. « Je pense que, parfois, nous nous disons simplement que c’est un aspect du vieillissement, et c’est vrai, mais c’est aussi un changement du risque cardiovasculaire propre au sexe, qui s’explique par plusieurs facteurs. »

Elle ajoute que les femmes peuvent ressentir les crises cardiaques différemment des hommes. Elles ne sentent pas toujours une douleur intense à la poitrine, mais plutôt des manifestations plus subtiles, comme une pression ou un serrement dans la poitrine, une fatigue extrême, des douleurs à la mâchoire et au dos, des sensations d’indigestion, des brûlures d’estomac ou encore une douleur au bras gauche, entre autres. Toutefois, les femmes à risque peuvent se protéger en demandant des traitements traditionnels pour gérer des problèmes, comme l’hypertension.  

« Il ne faut pas hésiter à demander [ces médicaments] », conseille Mme Mulvihill.

En ce qui concerne les changements chez les femmes ménopausées qui peuvent accroître le risque de maladie cardiaque, il est important de comprendre qu’il s’agit en fait de changements naturels.

« Ce n’est pas un manque de discipline. Il y a un changement physiologique qui accélère le risque, et nous voulons l’atténuer. Nous souhaitons vraiment que les femmes défendent leurs propres intérêts et qu’elles ne perçoivent pas le vieillissement comme un échec. »

Jennifer Campbell est la rédactrice en chef des magazines Sage60 et Sage. Certains membres de sa famille sont atteints de diabète de type 2.