Voyager en Europe est sur le point de devenir plus complexe et personnel.
Les Canadiens sont déjà soumis aux règles de l’espace Schengen, qui limitent les séjours dans 29 pays à 90 jours sur toute période de 180 jours. Un double changement viendra s’ajouter en 2026.
Un nouveau système pour les entrées et les sorties introduira une modification majeure du système transfrontalier physique des pays de l’espace Schengen. Les pays membres de l’espace Schengen comprennent 25 États membres de l’Union européenne (UE) ainsi que l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse. Son objectif est d’éliminer les frontières intérieures en établissant des exigences communes d’entrée et de sortie. Le Royaume-Uni ne fait pas partie de cet accord.
L’apposition de tampons dans les passeports par les douaniers est remplacée, sur une période de six mois amorcée en octobre 2025, par des portiques de contrôle automatisés, qui nécessitent un enregistrement numérique et l’utilisation du contrôle biométrique pour la plupart des voyageurs non ressortissants de l’UE. Les données biométriques recueillies comprennent les empreintes digitales et les images faciales. Le système de suivi automatisé mesure également la durée des séjours des visiteurs. Il s’agit d’un processus centré sur le contrôle aux frontières qui ne nécessite aucun préparatif de la part des voyageurs.
Démarches préalables requises
Le Système européen d’information et d’autorisation concernant les voyages (ETIAS) suivra. Son lancement est prévu pour le dernier trimestre de 2026, et c’est à ce moment que les voyageurs devront effectuer certaines démarches. L’ETIAS exigera des visiteurs dispensés de visa, y compris ceux du Canada, qu’ils demandent une autorisation valide trois ans pour entrer dans les 29 pays de l’espace Schengen, ainsi qu’à Chypre. La demande, qui coûte 20 euros (environ 32 $ CA), exige des renseignements personnels, notamment l’adresse, les détails du passeport, la profession actuelle ainsi que des informations sur d’éventuels voyages antérieurs dans des zones de conflit ou sur des condamnations criminelles. L’autorité européenne des voyages recommande aux voyageurs de soumettre leur demande bien avant leur départ pour l’Europe. Ne pas remplir le formulaire avant de prendre la route, ou plutôt l’avion ou le bateau, peut entraîner un refus d’entrée.
Le Royaume-Uni a lancé une demande semblable en août dernier, appelée Autorisation de voyage électronique, au coût de 16 livres sterling, soit environ 30 $ CA. Le Canada exige depuis longtemps que les visiteurs internationaux remplissent une demande d’autorisation de voyage électronique. Il s’agit d’une mesure introduite en 2015. Au Canada, les frais sont de 7 $ et l’autorisation est valide pendant cinq ans.
« Lorsqu’ils planifient un voyage à l’étranger, que ce soit de façon indépendante ou dans le cadre d’un circuit organisé, les Canadiens devraient toujours faire leurs propres recherches sur les pays qu’ils visitent », affirme Moxey Munch, créatrice de contenu de voyage canadienne originaire de Dartmouth, en Nouvelle-Écosse. Elle suggère de consulter des sources gouvernementales officielles, afin de vérifier les exigences propres à chaque pays. Le site voyage.gc.ca du gouvernement du Canada renvoie également directement aux sites officiels pour accéder à des renseignements exacts et à jour. Un peu de préparation peut grandement contribuer à éviter le stress à l’aéroport ou au port, ajoute-t-elle. « Une personne bien informée est un voyageur heureux. »
Bien que les compagnies aériennes fournissent souvent des renseignements et des messages d’ordre général, il incombe aux voyageurs d’être bien préparés en fin de compte, prévient-elle. Un voyageur qui ne respecte pas les exigences pourrait se voir refuser l’embarquement ou l’entrée dans le pays. Il pourrait même être contraint de rebrousser chemin, à ses propres frais. L’assurance voyage ne couvrira probablement pas les pertes dans de telles situations.
Les photos et les empreintes digitales feront partie du dossier numérique du voyageur et seront conservées pendant trois ans, ce qui signifie que ces renseignements n’auront pas à être recueillis de nouveau pour les voyageurs qui reviennent durant cette période.
« Il n’y aura plus d’apposition de tampons dans le passeport. C’est du passé. Ce sera la reconnaissance faciale qui vous permettra d’entrer », explique l’expert en voyages canadien Marty Firestone. « Les données biométriques et les empreintes digitales arriveront dans quelques mois dans 29 pays. »
« Il devient beaucoup plus difficile de voyager… Il est sage d’être bien informé. »
M. Firestone souligne une baisse du nombre de Canadiens voyageant aux États-Unis et une hausse de ceux qui se rendent en Europe. Le nouveau processus, ajoute-t-il, représentera un changement notable. Il fait remarquer que certaines préoccupations existent quant au fait que la transmission de renseignements biométriques pourrait compromettre le droit à la vie privée. L’Europe n’est toutefois pas la première à mettre en place ce type de systèmes et la collecte de photos et d’empreintes digitales pourrait bien représenter l’avenir du voyage.
Les membres de Retraités fédéraux George Cossey et son épouse Bronwen se sont envolés vers Paris en octobre et ont fait face à un contrôle limité des passeports qui venait tout juste d’être mis en place. Bronwen n’a eu aucun problème; toutefois, aucun des numériseurs n’a pu lire le passeport de George, qui a donc dû faire la file. Il lui a fallu une heure pour atteindre le début de la file, mais une fois devant un douanier, son passage a été réglé en quelques secondes.
« L’avantage de l’Union européenne, c’est qu’une fois entré, il est très facile de voyager d’un pays à l’autre », explique George. « Nous avons pris l’avion pour Rome [plus tard durant ce voyage] et n’avons subi aucun contrôle de sécurité. »
Les Cossey sont des adeptes de croisières, ayant effectué 30 voyages de ce type, dont 14 en Europe, y compris un en Norvège et plusieurs en Méditerranée.
Pas seulement en Europe
D’autres pays, dont les États-Unis, l’Australie et plusieurs pays d’Asie, ont déjà commencé à recueillir les empreintes digitales ou les données faciales des voyageurs. La Chine, par exemple, appose toujours des tampons dans les passeports, mais elle recueille également des empreintes digitales et des photos signalétiques.
Le nouveau système européen vise à fournir des renseignements de plus en plus fiables sur les déplacements des voyageurs et les possibles séjours dépassant la durée prévue à mesure qu’il deviendra pleinement opérationnel. Et, bien qu’il soit conçu pour faciliter le processus grâce à l’automatisation, il s’agit avant tout d’une question de sécurité, mentionne M. Firestone.
« Les douaniers prennent la décision finale quant à votre autorisation d’entrer ou de demeurer dans un pays, et le gouvernement du Canada ne peut intervenir si vous ne respectez pas les exigences d’entrée ou de sortie de votre destination », avertit le gouvernement du Canada sur son site Web, suggérant aux Canadiens de bien planifier en fonction des nouvelles exigences et de compter précisément le nombre de jours passés en Europe.
Les Canadiens qui prévoient de voyager en Europe devraient consulter régulièrement le site officiel, afin de vérifier si leur voyage a lieu avant ou après l’entrée en vigueur de l’ETIAS.